Abeilles et pesticides, comme un air de déjà vu…

Abeilles et pesticides, comme un air de déjà vu…

C’est une nouvelle étude qui vient de paraître : une équipe de l’Inra a mis en évidence que l’action d’un pesticide, le thiaméthoxame, sur les abeilles domestiques, varie selon l’environnement et les conditions météorologiques.

Ce qui a précédemment été montré, et qui ne varie pas en revanche, c’est que ce pesticide perturbe l’orientation des abeilles, ce qui les empêche de retrouver leurs ruches et conduit à une mortalité accrue des essaims.

Encore une étude, donc, qui rappelle la situation critique pour les abeilles domestiques, actuellement confrontées à un fort déclin, alors que nous ne faisons que sagement regarder le train passer. Et si les facteurs responsables ne sont jamais clairement identifiés, les pesticides sont souvent et fortement suspectés.

On avait d’ailleurs reproché à l’étude « Epilobee », qui livrait ses premières conclusions en avril 2014 et analysait les mortalités d’abeilles dans les pays du nord de l’Europe, de ne pas s’être intéressée aux pesticides pour établir des corrélations avec le déclin des populations. Dans Le Monde, l’apidologue David Goulson ironisait : « Ils dépensent plus de 3 millions d’euros pour étudier la santé de l’abeille et ne mentionnent même pas le mot “pesticide” ! ».

Certains réagissent. L’administration Obama notamment, qui a récemment ordonné une évaluation des effets des pesticides sur ces insectes. Le décret signé par le président américain appelle également à la mise en place d’une stratégie globale afin de protéger les pollinisateurs en améliorant leur habitat.

Mais les initiatives et mesures prises sont rares, et il ne faut pas oublier que les abeilles domestiques ne représentent probablement que la partie émergée de l’iceberg… et c’est l’ensemble des insectes pollinisateurs qui sont actuellement menacés, alors qu’ils réalisent le plus gros du travail pour les écosystèmes.

Quel futur connaîtront les abeilles, et les pollinisateurs de façon générale ? Une prise de conscience pour mettre en place des mesures favorables aux insectes, qui viendra peut-être des industriels ? Un peu comme ce qui est récemment arrivé aux États-Unis au sujet du réchauffement climatique, puisque la disparition des pollinisateurs menace la production agricole… Ou bien les abeilles seront peut-être remplacées par des robots ? Cette solution est très sérieusement envisagée. Comme quoi, il semble que nous soyons capables de nous adapter à toutes les situations.

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